Aux Etats-Unis, le retour des plans d’amélioration de la performance

Résumé de l’article de Caroline Talbot paru dans le MONDE du jeudi 15 mai 2025 – 

Lorsque son employeur lui annonce en 2019 qu’il fait partie d’un PIP (Performance Improvement Plan, « plan d’amélioration de la performance »), Patrick McGah est choqué. Cet ancien cadre de la filiale drones du groupe Amazon se sent « totalement pris par surprise », et même humilié par son intégration à ce programme, alors qu’il avait l’impression de remplir ses objectifs. Il apprend beaucoup plus tard qu’Amazon classe ses employés en cinq catégories, du meilleur au moins bon. Et M. McGah, jugé « médiocre », a quelques semaines pour redresser la barre. Son manageur lui fait de vagues reproches qu’il ne comprend pas bien.

Au bout de six semaines, il est de nouveau classé en queue de peloton, et donc deux options s’offrent à lui : remplir des missions qui l’obligent à travailler « jusqu’à deux heures du matin » ou bien s’en aller, avec des indemnités de rupture. Il choisit le départ, mais, note-t-il, « je m’engage alors à ne pas poursuivre l’entreprise en justice ».

Les plans d’amélioration de la performance (PIP) se multiplient aux États-Unis, notamment dans les périodes de suppressions d’emplois. Ces programmes visent des employés jugés insuffisants, souvent en vue de leur licenciement. Un exemple marquant est celui de Patrick McGah, ancien cadre d’Amazon, qui, après avoir été placé dans un PIP, a dû choisir entre redresser sa performance ou accepter une indemnité de départ. Ces plans, bien que parfois efficaces pour certains, comme le témoigne Kurt Kober, ex-dirigeant chez Clorox, peuvent aussi être perçus comme un outil pour se débarrasser des employés excédentaires, ce qui suscite la méfiance de nombreux salariés, comme Brett Holzhauer, qui y voient souvent un prétexte pour amorcer un licenciement. L’avocat Robert Housman critique l’utilisation des PIP pour réduire les coûts des licenciements, privant les employés de leurs droits et avantages. En dépit des bénéfices pour certains, les PIP ont des effets dévastateurs sur l’ambiance de travail et la réputation de l’entreprise.

Commentaires de la CGT IBM : 

A IBM France, dans un contexte de suppressions de postes, d’une gestion du personnel à coups de PSE, et d’un programme de haute performance, les PIP visent bien à maintenir le personnel sous pression constante, à priver les personnes ciblées de toute augmentation de salaire et à les pousser soit à la démission, soit à les licencier prétextant l’insuffisance professionnelle. En France la législation du travail ne permet pas de « virer » à tour de bras comme c’est le cas aux Etats Unis, néanmoins nous sommes dans une entreprise états-unienne et les méthodes agressives de management américaines traversent facilement l’Atlantique. Pour toutes ces raisons la CGT constatant un nombre exorbitant de salariés sous PIP atteignant les 70% dans certains services, dénonce ces méthodes et appelle le tout le personnel IBM à signer la pétition anti-PIP.

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